In Place

In Place


En matière d’art, il ne devrait selon moi pas y avoir « une place pour chaque chose et chaque chose à sa place. »


Et pourquoi – en dehors des arts de la scène – nous focalisons nous exclusivement sur l’œuvre d’art et si peu sur l’artiste au travail? Alors que la langue utilise parfois le même mot: photographie (l’activité ou son résultat), de même pour dessin, peinture.


Que devrait être une exposition? Une nature morte d’œuvres déjà créées Une expérience? Une performance?


Et quel est le lieu de l’exposition ? La galerie? La rue? La ville? Le monde? Venez, et trouvez l’art où il sera… et pas seulement dans la galerie.


VERNISSAGE 25/5/2024 16-19h https://www.facebook.com/events/166024034811207/1660485451453382/
OUVERTURE 25/5-22/6/2024 - je-ve 12-17h sa 11-18h


www.gallerynostrum.com

Rue Florimond Letroye 13, 1300 Wavre

25 mai 2025 / Premier état


L'exposition est un écho direct du lieu, de la ville. Les images ne laissent aucun doute: Wavre est le premier modèle de cette exposition. Certains objets se sont même échappés des images: un sac Delhaize dans l'entrée (que contient-il ?), une peinture emballée de papier bulle plus loin.


Mais elle est aussi celui d'un processus de création, de la présence de son auteur, de la continuité avec des travaux passés, et de la destruction inévitable de l’œuvre quand son temps est révolu. Il n'y a pas de message (“If you could say it in words, there would be no reason to paint.” Edward Hopper). Des questions peut-être. Un étonnement sans nul doute.


Retournez sur les lieux, les modèles n'y sont plus. Dans la ville, dans la vie, le modèle semble disparaître, être invisible. Seule l’œuvre d'art maintient le souvenir: du modèle, et du moment.

Mercredi 29 mai 2024 / In place / action #1


Deux photos (90x90cm) sont collées à proximité du lieu où elles ont été prises. Au préalable, le modèle a été découpé, extrait de la photo. Il ne reste plus que le décor.

Une photo (20x25cm) est laissée sur place. Un texte invite le passant à l'emporter s'il en a envie, et à donner de ses nouvelles.

Une série de photos instantanées est prise (3 photos, chacune doublée) ; une de ces séries (2024-058-1 à 3) est mise sous cadre pour être exposée à la galerie.

 

Faites l'essai. Emmenez un modèle quelque part. Prenez des photos. Quelques photos. Revenez quelques jours plus tard au même endroit et comparez votre photo à la réalité. Que constatez-vous ? Que manque-t-il ? Qui manque-t-il sinon le modèle ? Comme s'il avait disparu par la simple action de la photographie !


Jeudi 30 mai 2024 / In place / Action #1, retour à la galerie


Le cadre avec les photos instantanées est posé dans la galerie (#137)

Deux photos 20x30 témoignent de l'installation (#138 et #139)

Samedi 8 juin 2024 / In place / Action #1, nouveau retour à la galerie


Les photos originales, exposées dans la galerie, voient à leur tour disparaître le modèle. Découpé, il n'est pas encore tout à fait parti. Mais, contagion de ce qui s'est passé dans la ville, le processus de disparition est en route.

Le même jour, un visiteur/collectionneur exhibe sa trouvaille: la photo abandonnée sous le viaduc.

Mercredi 5 juin 2024 / In place / action #2


Chacune des photos de la série des magasins vides est collée sur la vitrine correspondante dans la ville. Outre la photographie, l'affiche A4 renseigne le passant sur le fait que "This is art «IN PLACE», Photographies de Charles LEMAIRE, À la GALLERY NOSTRUM", l'adresse, dates de l'exposition et les URL des sites.

Une photo (20x20) de cette série est déposée dans une boite à livres proche. Un texte invite le passant à l'emporter s'il en a envie, et à donner de ses nouvelles.

Une série de photos instantanées est prise (4 photos, chacune doublée) ; trois photos d'une de ces séries (2024-060-1 à 3) sont mises sous cadre pour être exposée à la galerie.


Est-ce que toutes ces vitrines vides ne sont pas, plutôt que celui d'un manque de quelque chose, le signe de ce que nous avons trop de tout: trop de biens achetés, trop de grandes surfaces, trop de gaspillage. Et cette boite à livre, modeste moyen pour briser le cycle infernal de la consommation et de la destruction, un signe de ce qu'il serait possible de faire autrement ?

Jeudi 6 juin 2024 / In place / Action #2, retour à la galerie


Le cadre avec les photos instantanées est posé dans la galerie (#140)

Deux photos 20x30 témoignent de l'installation (#141 et #142)

Samedi 8 juin 2024 / In place / Action #2, nouveau retour à la galerie


Certaines des photos ont été retirées des vitrines, mais pas toutes.

Dans la boite à livres, la photo a disparu. Recevrons-nous un jour de ses nouvelles ?

Mercredi 12 juin 2024 / In place / action #3


Deux photos (90x72cm) de la série des parkings sont collées à proximité du lieu où elles ont été prises. Sur la première la voiture a disparu, le modèle subsiste. Sur la seconde la voiture est bien là, le modèle par contre a disparu (*).

Un peu plus loin, une photo (20x20cm) est abandonnée sur un bout de serre (**)

Deux photos instantanées sont prises de chacune de ces installations.


(*) N'est ce pas le choix qu'il nous faut faire aujourd'hui entre la continuation de certaines habitudes de consommation ou la survie de notre humanité ?

(**) Quand certains de nos dirigeants parlent de culture, avant de m'intéresser à ce qu'ils en disent, j'ai appris à vérifier s'ils ne parlaient pas d'agriculture ou d'horticulture.

Jeudi 13 juin 2024 / In place / action #3, retour à la galerie


Le cadre avec les photos instantanées est posé dans la galerie (#143) Deux photos 20x30 témoignent de l'installation (#144 et #145)

Vendredi 14 juin 2024 / In place / action #4, continuation dans la galerie


Je n'ai pas encore de nouvelles du tirage laissé dans Wavre. Dans la galerie, cette fois ce n'est pas le modèle qui commence à disparaitre mais son art.